Le port de Kercabellec

Au débouché de l’étier de Quimiac, ce village fut le port de Mesquer exportateur du sel jusqu’en 1950 ; aujourd’hui ses usagers sont les ostréiculteurs et quelques plaisanciers. Les belles maisons de capitaines et les plus petites de paludiers témoignent de son activité passée.

Voici le village que connaissaient nos grands parents. Le pont sur l’étier que nous empruntons maintenant n’existait pas. Le petit pont étroit que l’on aperçoit permettait le franchissement vers Quimiac. L’espace actuel dédié aux animations, marchés, chapiteaux, restait à l’état de friche.

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La rue du Port conduit au quai qui se prolonge le long de l’étier jusqu’à l’établissement ostréicole installé à l’extrémité et qui n’existait pas sur la photo ci-dessus.

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Les maisons, résidences secondaires pour une bonne moitié, sont, dans l’ensemble agréablement restaurées et entretenues. L’impasse des douaniers montre de solides bâtisses, autrefois affectées au casernement des douaniers au nombre d’une trentaine.

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Le quai vu au niveau du café du Port.

Le quai ne fut construit que du côté de Mesquer où étaient édifiées les habitations des travailleurs du sel. Pendant longtemps, il n’y avait pas de franchissement, sauf une passerelle escamotable en bois qui permettait aux bateaux de remonter dans l’étier vers les marais salants.

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LA SALORGE DE kERCABELLEC ne sert plus depuis longtemps à entreposer du sel. Avant qu’elle ne s’écroule elle a été achetée par la commune en vue d’une restauration ou d’une reconstruction.

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Le port de Kercabellec, suite au déclin du sel, a été relancé par des ostréiculteurs charentais et des mytilliculteurs venus avec tout leur savoir.

Culture de l’huîtres à plat ou sur des tables, affinées dans des claires , moules de bouchot sur des pieux que l’on peut voir à marée basse ainsi que sur la photo ci-dessus, avant leur mise en place. Tout cela a redonné au petit port de nouvelles activités rentables. A l’heure actuelle six exploitations existent,vendent leur production sur place, ainsi que sur les marchés et en expéditions.

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Lorsque vous quittez Kercabellec vers Quimiac, en prenant la rue de Bel air, vous traversez ce petit pont sans connaître son architecture typique des ponts sur les étiers qui alimentent en eau les marais salants. Il en existe des semblables dans le bassin de Guérande. Très robustes sur les trois piles, ils étaient construits pour supporter de lourds charrois de sel ; les trois ouvertures permettent , sur toute la largeur de l’étier le passage facile de l’eau, parfois rapide, lors des grandes marées.

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Barge d’ostréiculteur quittant le port vers les parcs

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Vue des marais depuis la rue de Bel Air dégagée depuis l’élimination des baccharis.

La rue des Cap horniers ainsi nommée car plusieurs maisons, les plus importantes, appartenaient à des Capitaines de navires au long cours ; plusieurs franchissaient le Cap Horn. En bas le chemin d’exploitation du marais salant a été transformé en sentier piétonnnier avec une passerelle pour rejoindre la rue.

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Cette huile sur toile d’Alfred Andrieux datant de 1923 et intitulée L’ASSOMPTION à KERCABELLEC , montre la piété qui régnait dans ces villages de pêcheurs. Les marins étaient souvent confrontés à des éléments déchainés au cours de leurs longs voyages, les familles priaient Notre Dame de Merquel pour les mettre sous sa protection . Tous les ans jusqu’en 1940 il y avait une grande procession qui réunissaient tous les villageois et qui allait du bourg de Mesquer au port de Kercabellec. En tête, suivaient, derrière la bannière, quatre gars en tenue de marins de la Royale, portant le Saint Joseph, le trois mats ex voto que l’on voit dans la nef Ouest de l’Eglise. Selon la tradition, les porteurs étaient des jeunes mesquérais accompissant leur service dans la Marine Nationale. Cette très belle maquette du Saint Joseph, capitaine Joseph TATTEVIN, rappelle que le navire fut sauvé par un vœu à Notre Dame de Merquel alors qu’il affrontait une effroyable tempête dans la Manche en hiver 1880.