Cet été, les algues vertes ont moins proliféré que d’habitude sur les plages de Quimiac. Il n’y a pas eu non plus de phénomène de «soupe verte », une contamination de l’eau due à la présence du lepidodinium. Y aurait-il eu un effet COVID bénéfique à la nature ? Nous avons posé la question aux pêcheurs, aux ostréiculteurs et aux scientifiques. Visiblement les avis divergent.



Pour Jean-Luc Retailleau, ostéiculteur installé notamment à Kercabellec depuis 22 ans, c’est sûr. La COVID a été une bonne surprise. Les chiffres le prouvent.
«Depuis ces 5 dernières années, je récoltais 5 kilos d’huîtres par poche. Cette année, je suis passé à 12 kilos» jubile-t-il.
Pour cet homme très impliqué dans la profession, il y a une explication simple et facile à comprendre. Celui qui est Président des ostréiculteurs du Traict de Mesquer et de Pen Bé et Vice-Président du Comité régional des conchyliculteurs de Bretagne Sud l’affirme haut et fort.
«C’est le confinement qui a produit cet effet bénéfique au rendement. Il y a eu moins d’activité économique et donc moins de pollution rejetée en mer.»

Nathalie Cochennec Laureau, directrice du laboratoire environnement et ressources à la station IFREMER de Lorient, le reconnaît. Cette année, les moules de Pénestin étaient exceptionnellement plus charnues que d’habitude. Mais pour elle, il n’y a pas eu d’effet COVID. C’est un ensemble de facteurs favorables qui explique ces bons résultats : une bonne quantité d’algues, des algues moins toxiques, pas de bloom de lepidodinium et surtout pas de pluie.
«Nous savons, grâce à nos réseaux de surveillance REMI et REPHY, que c’est le lessivage des sols sur les bassins versants qui est la principale source de contamination bactériologique» précise-t-elle. «Sur le long terme, nous avons constaté que les bonnes années étaient celles où il pleuvait moins. Moins de pluie, moins de rejets en mer, moins de pollution.»
D’ailleurs, cette année, dans la baie de Pont Mahé et à Pen Bé, il y a eu deux alertes à la présence d’Escherichia Coli, une bactérie qui peut provoquer des fortes diarrhées chez l’homme : une en janvier, une autre en mai. On ne peut donc pas dire qu’il y ait eu moins de pollution avec la COVID.
Autre point de vue : celui de Georges Briand, un pêcheur amateur mais qui va régulièrement en mer depuis plus de 40 ans.
« Pour moi, les bars et les dorades que je pêche dans la baie de Quimiac et dans l’estuaire de la Vilaine sont toujours les mêmes. Au bout de ma ligne, ils ont la même taille, la même forme et le même goût. Le confinement n’a rien changé. Il y en a toujours autant. ».
Rien n’a changé certes sauf qu’il n’a pas pu sortir pendant près de 3 mois et que les poissons ont pu vivre leur vie à l’abri des hameçons et des leurres en tout genre. Il semblerait que cela ait favorisé la reproduction selon Jean Luc Retailleau.

Thierry Bercault

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